Pourquoi les avions n’utilisent pas l’inversion de poussée pour reculer

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Quand un avion quitte un aéroport et s’éloigne du terminal, il utilise un tracteur d’avion (aussi appelé pushback) pour faire demi-tour. Pourquoi les compagnies ne préfèrent-elles pas économiser des frais et utiliser les puissants moteurs de leurs avions pour cette procédure ? Étudions cela.

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Les avions peuvent-ils être propulsés depuis le terminal grâce à leurs moteurs ? Photo : Getty Images

Qu’est-ce que l’inversion de poussée ?

Quand un avion atteint le sol, il se déplace encore extrêmement rapidement sur la piste. Pour les aider à ralentir, les moteurs peuvent être paramétrés en mode reverse, dans le sens inverse par rapport à la direction dans laquelle l’avion se déplace. L’air est alors aspiré dans les moteurs, mais au lieu de d’être ensuite envoyé vers l’arrière, il est éjecté via de nouvelles ouvertures sur le côté de l’avion ce qui inverse le mouvement (il s’agit d’une explication simplifiée).

Les avions peuvent utiliser cette fonctionnalité n’importe quand, mais ils le font généralement uniquement pour ralentir après l’atterrissage.

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Si l’avion peut reculer grâce au mode reverse des moteurs, pourquoi les compagnies utilisent-elles un pushback ? Cette procédure nécessite un conducteur pour le véhicule, du temps pour se connecter à l’avion et c’est une machine supplémentaire qui peut se casser. Sans compter c’est un coût de plus pour stationner la machine au terminal.

On a déjà utilisé l’inversion de poussée pour quitter un terminal par le passé. Dans les années 70 et 80, certains avions étaient autorisés à effectuer un power back lors du départ. Vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous :

Notez bien que l’opération était autorisée seulement pour les moteurs sur la queue des avions, pas pour ceux sous les ailes.

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Pourquoi utiliser l’inversion de poussée au terminal n’est pas une bonne idée

Il y a plusieurs raisons qui expliquent pourquoi ce n’est pas une bonne idée d’utiliser l’inversion de poussée au terminal, et pourquoi beaucoup d’avions n’ont plus le droit de le faire. L’opération est possible en théorie, mais la rendre concrète n’est pas la meilleure idée car elle comporte de nombreux risques.

Premièrement, le jet d’air autour de l’avion projette des débris qui peuvent soit abîmer le terminal, l’aéroport ou blesser n’importe qui se trouvant près de l’avion. L’équipage au sol aurait besoin de vider la zone avant d’activer les moteurs, et cela peut prendre encore plus de temps que d’utiliser le pushback.

C’est aussi possible que des objets soient aspirés par les moteurs eux-mêmes. Lorsque les moteurs tournent, ils créent un vortex qui attire les objets (des outils laissés sur place par exemple), directement à l’intérieur des moteurs.

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Le moteur est la partie la plus importante d’un avion, si quelque chose y entre, cela peut coûter des millions. Photo : Getty Images

La procédure d’inversion de poussée coûte beaucoup de carburant et est très bruyante, elle dérange les passagers et les personnes dans l’aéroport. Enfin, les pilotes d’avion ne peuvent pas voir derrière (il n’y a pas de rétroviseur). Ils auraient donc besoin d’un observateur au sol, ce qui rend impossible d’effectuer l’opération sans aide.

Pour résumer, c’est trop risqué pour l’aéroport, l’équipage au sol et l’avion lui-même d’effectuer une inversion de poussée si près du terminal. On y gagne quelques minutes et quelques dollars, mais en cas de problème, les dommages peuvent coûter des millions et l’avion risque d’être cloué au sol.

Qu’en pensez-vous ?

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