Pourquoi les avions ne survolent pas le pôle Sud

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Le pôle Sud a toujours eu mauvaise réputation. Glacial, enneigé, montagneux et d’une manière générale, peu accueillant pour les humains. Mais lorsqu’on vole à haute altitude, on ne remarque normalement pas ce qu’il se passe au sol. Et pourtant, les avions ne survolent le pôle Sud que rarement, voire jamais. Même les vols au-dessus du continent Antarctique sont rares. Mais pourquoi ?

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Pourquoi les avions ne survolent-ils pas le pôle Sud ? Photo : NASA

On peut théoriquement survoler le pôle Sud, mais on ne le fait pas

Historiquement, les vols proches du pôle Sud ou le survolant étaient gérés par les réglementations ETOPS. L’ETOPS décide de la distance maximale qui peut séparer un biréacteur de l’aéroport le plus proche. Pendant longtemps, la règle était fixée à 180 minutes pour un biréacteur. Elle a été augmentée à 330 minutes (ou cinq heures et demi) il y a une dizaine d’années pour les avions de lignes modernes dotés de moteurs plus récents et plus fiables.

Cela signifie qu’un avion moderne à long rayon d’action pourrait traverser l’Antarctique s’il restait à 330 minutes de l’aéroport le plus proche. Alors, qu’est-ce qui empêche les avions de le faire ?

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Tout d’abord, nous n’en avons pas besoin. Il y a bien moins de trafic aérien dans les zones reculées de l’hémisphère sud par rapport à l’hémisphère nord. Par exemple, l’hémisphère sud n’a pas l’équivalent de ces itinéraire polaires très empruntés entre l’Amérique du Nord et l’Asie.

Aussi, si on reagarde simplement la localisation des grandes villes de l’hémisphère sud, voler de l’une à l’autre ne requiert pas de survoler le pôle Sud. Quelques vols se rapprochent de l’Antarctique, mais aucun ne le survole régulièrement.

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Si un avion a un problème au-dessus du pôle Sud, il n’y a quasiment aucune infrastructure au sol. Photo : NASA

La météo, un réel problème près du pôle Sud

Même si les avions modernes à long rayon d’action peuvent en théorie traverser le pôle Sud, l’environnement y reste tout de même peu accueillant pour un avion. Le plus gros problème est la météo. Il y fait un froid glacial. Même au sol, les températures peuvent atteindre -80°C. À 35 000 pieds d’altitude, il fait encore plus froid. Si les températures descendent en-dessous de -40°C, le carburant risque de geler.

Dans ce genre de climat, la glace constitue un vrai problème. Pas seulement la présence de glace sur les ailes et la quantité de liquide de dégivrage qui serait nécessaire à un survol du pôle Sud. C’est surtout que cette menace serait constante, pendant tout le survol. Voilà le vrai problème. En 2009, des cristaux de glace on bloqué le tube de Pitot d’un A330 Air France qui traversait l’Antarctique. L’incident a provoqué une déferlante d’autres problèmes, qui ont fini par faire descendre l’avion.

Un peu comme quand on traverse l’Atlantique, si quelque chose de grave se passe près du pôle Sud, il n’y a pas vraiment d’endroit où faire atterrir l’avion en toute sécurité. Il existe un projet qui vise à construire une piste d’atterrissage pavée de 2 700 mètres près de la station de recherche australienne Davis en Antarctique. Mais ça ne reste qu’une seule piste et le continent Antarctique fait 14,2 millions de km². En comparaison, les États-Unis font 9 834 millions de km² et il y a 5 000 aéroports publics.

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Une piste d’atterrissage en glace bleutée en Antarctique serait terriblement dangereuse. Photo : Australian Antarctic Division / Australian Government News Room

Les tempêtes de neige sont fréquentes au pôle Sud

Si la piste près de Davis est construite et que notre avion est dans les environs lorsqu’il a besoin d’atterrir, il reste tout de même le problème de la visibilité. La zone est connue pour ses puissantes tempêtes de neige et sa météo chaotique. Lors d’une tempête de neige de cette puissance, les contours et repères couverts de neige deviennent absolument impossibles à distinguer. Les pilotes risquent d’être totalement désorientés et de perdre de vue l’horizon, et donc leur position. C’est extrêmement dangereux.

En 1979, un vol touristique Air New Zealand a foncé droit dans le flanc d’une montagne, tuant ainsi toutes les personnes à bord. De nombreux problèmes ont mené à ce crash, parmi eux la désorientation du pilote. L’équipage n’a jamais vu la montagne qui se trouvait en face d’eux. Plus de quarante années plus tard, le crash du Mont Erebus dissuade encore les compagnies d’envoyer leurs avions vers le pôle Sud.

Ce n’est donc pas que les avions modernes ne peuvent pas techniquement survoler le pôle Sud. C’est plutôt une combinaison de facteurs. En premier, le danger. Ensuite, on n’a pas vraiment besoin d’y aller, puisqu’il n’existe pas d’itinéraire fréquenté qui nécessite de survoler cette zone. Le pôle Sud reste ainsi largement considéré comme une zone à éviter pour les avions.

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